Peut-on utiliser un drone au Chili et en Argentine ? C’est une question que je me suis beaucoup posée avant mon départ en septembre dernier. Avec toutes les interdictions et réglementations autour des drones, on a parfois l’impression que ça devient un vrai casse-tête pour les passionnés. Dans cet article, je vous partage ce que j’ai trouvé pendant mes recherches et comment ça s’est passé une fois sur place.
Que dit la réglementation au Chili pour les drones ?
Au Chili, les règles autour des drones dépendent surtout du type d’usage que vous en faites. Pour un vol récréatif classique, la réglementation est plutôt simple, tant que vous respectez quelques conditions de base fixées par la DGAC (l’équivalent de la DGAC française). Voici l’essentiel à retenir :
- Le drone doit être fabriqué en matériau léger (type polystyrène expansé).
- Il doit peser moins de 750g.
- Vous devez avoir l’autorisation du propriétaire du terrain si vous volez sur un espace privé.
- Vous ne pouvez pas dépasser 50m d’altitude.
- Et comme toujours, vous êtes responsable des éventuels dommages causés à des tiers.
Pour les vols professionnels ou les opérations plus sensibles (zones peuplées, événements, missions aériennes), les règles deviennent plus strictes :
- Obtenir un Certificat d’Opérateur Aérien (AOC).
- Disposer d’une accréditation officielle de pilote délivrée par la DGAC.
- Avoir le drone enregistré auprès de la DGAC.
- Rédiger un manuel d’opérations décrivant les procédures et la gestion des risques.
- Être autorisé pour chaque opération spécifique, surtout si elle se déroule dans une zone sensible ou avec du public.

Enfin, certaines missions dites “d’intérêt public” (comme la couverture médiatique, les situations d’urgence ou des opérations liées à l’État) suivent des règles encore plus encadrées, détaillées dans la norme DAN 151.
En résumé, pour un voyageur qui veut juste filmer ses randos ou ses spots préférés, c’est surtout le respect de la limite de 50m, des zones non peuplées et du poids du drone qui compte. Ça demande un peu d’attention, mais rien de compliqué une fois qu’on a compris le fonctionnement local.
Que dit la réglementation en Argentine pour les drones ?
En Argentine, les règles sont plus détaillées et demandent un minimum d’organisation, surtout si vous comptez utiliser votre drone de façon sérieuse. Voici ce qu’il faut retenir :
- Tous les drones doivent être enregistrés auprès du Registre National des Aéronefs de l’ANAC.
- L’âge minimum pour piloter est de 18 ans. Les jeunes de 16 à 17 ans peuvent voler, mais uniquement sous la supervision d’un adulte responsable.
- Il est interdit de faire voler un drone dans un rayon de 5km autour des aéroports, aérodromes et héliports.
- Le survol des zones densément peuplées ou au-dessus de foules est strictement interdit.
Pour une utilisation commerciale, les exigences montent d’un cran :
- Une assurance responsabilité civile couvrant les dommages éventuels.
- Une autorisation délivrée par l’ANAC via une évaluation théorique et pratique.
- Un certificat d’aptitude psychophysiologique.
- Un manuel d’opérations et un système de gestion des risques.
- Une plaque d’identification inaltérable fixée sur le drone.
Pour une simple utilisation en voyage, la plupart de ces règles concernent surtout les pros. Mais l’enregistrement et le respect des zones interdites restent essentiels, donc mieux vaut s’y préparer avant le départ.
Qu’en est-il vraiment sur place ?
Sur le papier, la réglementation peut paraître un peu lourde, mais une fois sur place, l’expérience est souvent bien plus tranquille. Pour ma part, à l’aéroport comme pendant tout mon séjour au Chili et en Argentine, personne ne m’a jamais posé la moindre question sur mon drone. Pas de contrôle spécifique, pas de remarque, rien. Tant que votre drone est rangé dans le sac, ça passe crème.
Cela dit, je conseille quand même de faire les choses proprement avant de partir. Ça ne prend pas longtemps et ça évite les mauvaises surprises :
- Enregistrer votre drone sur AlphaTango.
- Imprimer et coller sur votre drone votre numéro d’enregistrement (utile notamment en France).
- Avoir sur vous l’extrait du registre des aéronefs civils téléchargé depuis AlphaTango.
- Vérifier que votre assurance responsabilité civile couvre bien les vols de drone, selon sa catégorie.


En gros, sur place personne ne m’a embêté, mais mieux vaut rester carré. Ça rassure, et si jamais il y a un contrôle ou un petit souci, vous êtes déjà en règle. J’ai moi-même essayé de m’inscrire sur les sites de la DGAC chilienne ou de l’ANAC en Argentine, mais je n’ai jamais réussi à aller au bout. À mon avis, c’est surtout réservé aux résidents ou aux pilotes professionnels, donc pour un simple voyage ça devient vite mission impossible.
Où faire voler son drone au Chili ?
Une fois sur place, on se rend vite compte qu’il y a énormément d’endroits super photogéniques pour sortir le drone… mais il faut aussi rester raisonnable et respecter les zones sensibles. Globalement, si vous êtes dans la nature, loin des villes et des infrastructures, vous aurez souvent la liberté de voler sans problème. J’ai testé plusieurs spots durant mon voyage, et chaque lieu avait sa petite particularité, entre conditions météo, présence de touristes, règles locales ou simplement le bon sens à adopter.
Dans les sections suivantes, je vous partage mon expérience dans différents endroits, ce qui a bien fonctionné et ce que je vous conseille d’éviter.
Faire du drone dans Parc national Pan de Azúcar
C’est clairement un spot à drone même si celui-ci n’est normalement pas autorisé. Mais lors de ma traversée du parc, j’étais vraiment seul. L’entrée est libre et je n’ai croisé strictement personne. Il était encore tôt quand je suis arrivé, et les conditions étaient plutôt bonnes. J’ai pu prendre quelques clichés sympa.
Faire du drone à San Pedro de Atacama
Vous vous demandez sûrement s’il est possible de faire voler un drone dans la Valle de la Luna, le spot le plus touristique de la région. La réponse est clairement non, en tout cas pas à l’intérieur du parc officiel. Ils sont ultra vigilants : c’est annoncé dès l’achat du ticket, il y a du personnel posté un peu partout avec des jumelles, et ils surveillent vraiment tout. Même pour de simples photos au smartphone ou à l’appareil photo, ils peuvent être assez pénibles. C’est un endroit très encadré, très surveillé, et je vous déconseille vraiment de sortir votre drone, même si vous pensez être à l’abri des regards.
Par contre, rien ne vous empêche de voler en dehors du parc, notamment depuis le Mirador Likan-Antay. La vue est magnifique et vous êtes en dehors de la zone surveillée. Faites juste attention à la grande zone militaire située au sud de la ville, histoire d’éviter les ennuis.
Dans le Salar de Atacama, c’est un peu la même logique. Sur les spots les plus beaux comme la Laguna Tebinquiche ou la Laguna Chaxa, il est interdit de faire voler un drone, et honnêtement c’est totalement compréhensible. Il y a beaucoup de flamants roses et d’autres oiseaux qui nichent ici, donc mieux vaut éviter de les déranger.
Selon moi, l’endroit le plus simple pour voler reste la Reserva Nacional Los Flamencos. C’est l’idéal pour capturer le volcan Licancabur ou les différents salars du coin. De mon côté, je n’ai pas pu tester à cause d’un vent extrême lors de mon passage, mais sur le papier, c’est clairement l’un des meilleurs spots du secteur pour sortir le drone.
Où faire voler son drone en Argentine ?
Durant mon roadtrip de 30 jours entre le Chili et l’Argentine (mon itinéraire complet disponible ici), c’est clairement du côté argentin que j’ai eu le plus envie de sortir le drone. Les paysages sont immenses, ouverts, souvent déserts, et ça donne vraiment envie de filmer.
Il faut simplement savoir qu’ici, le vent devient vite un vrai souci. Avec la chaleur qui grimpe rapidement en journée, surtout en altitude ou dans les zones désertiques, l’air se met à bouger dans tous les sens et ça crée des rafales assez régulières. C’est un phénomène super courant là-bas. Du coup, entre la fin de matinée et la fin d’après-midi, voler peut devenir compliqué. Les meilleurs moments restent tôt le matin ou juste avant le coucher du soleil, quand l’air est plus stable et que les conditions sont bien plus calmes.
Dans les provinces de Salta, Jujuy ou encore Tucumán, vous serez vraiment tranquille pour sortir le drone. Comme toujours, l’idée est juste de ne déranger ni la faune ni les gens. Si les conditions sont bonnes, faites-vous plaisir, c’est un terrain de jeu incroyable. Je ne vais pas détailler chaque spot, mais voilà un petit résumé en photo de quelques-uns de mes endroits préférés. J’ai surtout fait voler le drone à :
- Salinas Grandes
- Tolar Grande
- Quebrada de las Conchas
Évidemment, au final j’ai assez peu utilisé le drone. J’aurais adoré le sortir à San Pedro de Atacama, au viaduc La Polvorilla, à la Serranía de Hornocal (la montagne aux 14 couleurs), dans les vignobles de Mendoza ou encore au Parc provincial de l’Aconcagua. Mais je n’ai jamais eu la chance de voler dans ces gros spots à cause du vent !
Faut-il prendre son drone au Chili et en Argentine ?
Pour moi, la réponse est oui. Même si les conditions météo m’ont souvent compliqué la tâche, je ne regrette pas une seconde de l’avoir emporté. En roadtrip, il suffit de le laisser dans la voiture : ça ne prend pas de place, ça ne coûte rien de l’avoir avec soi, et si une fenêtre météo s’ouvre, vous pourrez capturer des images incroyables.
J’ai finalement peu volé, mais les quelques moments où j’ai pu le sortir font partie de mes plus beaux souvenirs visuels du voyage. Alors franchement, à moins de vouloir voyager ultra léger, je pense qu’il ne faut pas hésiter à le prendre. Une seule bonne occasion peut largement valoir le coup.
Petite FAQ sur l’utilisation du drone au Chili et en Argentine
Peut-on transporter un drone en avion sans problème ?
Oui, vous pouvez transporter un drone sans souci particulier, tant que vous respectez les règles liées aux batteries. Les batteries lithium doivent obligatoirement être dans le bagage cabine, jamais en soute. Pensez à protéger chaque batterie avec un sac ignifugé ou un étui individuel, certaines compagnies sont assez strictes là-dessus. Le drone, lui, peut être rangé en cabine ou en soute selon sa taille et votre équipement. En général, les compagnies sud-américaines sont habituées aux drones, donc pas d’inquiétude.
Faut-il un permis ou une inscription locale pour faire voler un drone en tant que touriste ?
Dans la majorité des cas, non. Les permis et enregistrements chiliens et argentins sont surtout destinés aux résidents et aux pilotes professionnels. Les plateformes officielles sont assez compliquées d’accès, et même avec de la bonne volonté, il est très difficile d’obtenir un numéro en tant que voyageur. Pour un usage touristique, respectez simplement les règles locales et les zones interdites. Être en règle dans votre pays d’origine (ex : AlphaTango en France) suffit largement en cas de contrôle.
Peut-on voler dans les parcs nationaux ?
En général, non. Les parcs nationaux au Chili et en Argentine interdisent le drone pour des raisons de faune, de sécurité et de tranquillité des visiteurs. Certains font même des contrôles aléatoires à l’entrée. Cependant, rien ne vous empêche de voler juste en dehors des zones protégées, où les paysages restent souvent splendides. Le plus important est de respecter les animaux, surtout dans les zones où nichent des flamants roses, vigognes ou condors. En cas de doute, mieux vaut s’abstenir.
Le vent est-il vraiment un problème pour voler ?
Oui, c’est même l’un des plus gros défis dans ces régions. Avec les températures qui montent rapidement en journée, surtout en altitude ou dans les paysages désertiques, l’air devient instable et le vent peut se lever d’un coup. Certains drones gèrent bien les rafales, mais dans les vallées et les plateaux, ça peut vite devenir risqué. Le meilleur moment pour voler reste tôt le matin ou au coucher du soleil, quand l’air est beaucoup plus calme. En journée, il faut parfois oublier l’idée de voler.
Y a-t-il des précautions à prendre avec les batteries à cause de l’altitude ou du froid ?
Oui, absolument. Le froid peut réduire l’autonomie de vos batteries et provoquer des chutes de tension, surtout au-dessus de 3000m. Le mieux est de garder vos batteries dans votre veste ou vos poches avant de voler, pour qu’elles restent à température correcte. Après le décollage, laissez le drone chauffer quelques secondes avant de monter trop haut. Et prévoyez toujours une marge de sécurité pour le retour, l’altitude pèse sur la performance.
Est-ce que ça vaut vraiment le coup de prendre son drone en roadtrip ?
Oui, même si vous n’allez peut-être pas voler tous les jours. Les quelques moments où les conditions sont parfaites vous permettront de capturer des images incroyables que vous ne pourrez jamais refaire. Le drone ne prend pas beaucoup de place dans la voiture, et il suffit d’un seul bon vol pour rentabiliser son transport. Les paysages immenses, les couleurs et la lumière de l’Altiplano rendent chaque vol unique. Honnêtement, c’est un excellent compagnon de voyage.

























